Crown Lands in Public Hands!


 Soumission de Marcel Maillet, gérant
Office de commercialisation des produits forestiers du S.-E. du N.-B.

En tant qu’une organisation qui représente environ 8 000 propriétaires de lots boisés dans les contés de Kent et de Westmorland, ainsi que la paroisse de Rogersville, nous aimerions répondre aux rapports sur la diversité forestière et l’approvisionnement en bois soumis par Donald Roberts et Tom Erdle. Nous croyons que notre gouvernement a une obligation de considérer de façon sérieuse les impacts que ses décisions auront sur les propriétaires de lots boisés et les gens qui vivent des lots boisés. Le fardeau de la crise de l’industrie forestière depuis les dernières quelques années a déjà été porté injustement par les propriétaires de lots boisés. La fermeture des usines a eu un impact sur tout le monde (travailleurs aux usines, entreprises dans les communautés, travailleurs forestiers, camionneurs, etc.). Mais le fardeau de la réduction au niveau de la récolte a quasi complètement été porté par les propriétaires de lots boisés. L’Office de commercialisation du S.-E. du N.-B. (SENB) a perdu plus de 70 % de ses ventes de bois depuis les derniers trois ans tandis que la récolte sur les terres de la Couronne n’a pas été réduite du tout. Notre gouvernement a tout fait pour venir en aide aux opérations sur les terres de la Couronne tout en ignorant les problèmes sur les terres privées. Il a offert de l’aide financière et augmenté les allocations de Couronne pour certains détenteurs de permis, tout en refusant les demandes d’aide des scieries locales et en les laissant fermer leurs portes. Les demandes d’accéder à de petits volumes de bois des terres de la Couronne par les gens de la région qui essaient de commencer quelque chose de nouveau (par exemple, une usine de granules de bois) ont aussi été refusées. Lorsque UPM a fermé ses portes à Miramichi, les propriétaires de lots boisés se sont retrouvés en compétition pour des marchées avec notre bois de la Couronne puisque notre gouvernement ne voulait pas réduire le taux de récolte sur les terres de la Couronne et a permis à UPM d’exporter du bois de pâte non transformé aux mêmes usines auxquelles les propriétaires de lots boisés tentaient de vendre leur bois. Et les changements faits au programme de sylviculture en 2008 par ce gouvernement ont eu des effets dévastateurs sur SENB en réduisant les activités par plus de 70 % et en mettant près de 100 travailleurs sylvicoles et techniciens forestiers à la porte, et ce, seulement pour SENB.

Les propriétaires de lots boisés représentent 30 % des forêts au Nouveau-Brunswick et ne doivent pas être ignorés si on veut que l’industrie forestière survive. Nos forêts, sur les terres de la Couronne et privées, sont très uniques et diverses et jouent un rôle important pour ce qui du maintient d’un environnement sain ainsi que de l’embauchage de nos gens. Nous devons trouver une approche équilibrée pour nos forêts et être ouverts à de nouvelles idées, surtout pour les gens locaux. Voici nos recommandations pour le Gouvernement du N.-B. :

· Il ne devrait pas y avoir plus de 20 % des forêts de la Couronne en plantation. Les plantations ont un rôle à jouer pour l’obtention du bois par l’industrie. Il est risqué et dangereux, à l’échelle économique comme environnementale, de convertir 37 % d’une forêt naturelle en seulement quelques espèces de résineux.

· Nous devons réduire le nombre et la superficie des zones qui sont coupées à blanc. Les coupes à blanc ont une place dans l’aménagement forestier, mais celle-ci doit être équilibrée. Nous devons promouvoir des méthodes alternatives qui encouragent la régénération naturelle et les peuplements à espèces mixtes (les coupes en bosquets, la coupe sélective, la coupe progressive, etc.) On devrait aller au-delà de la coupe à blanc et la plantation ou la coupe à blanc et l’éclaircie pré-commerciale – il y a trop d’aménagement de ce genre.

· Nous devons maintenir et encourager la diversité de nos forêts au lieu d’essayer de changer nos forêts vers les quelques espèces que les industries actuelles désirent. Nous devrions chercher à dénicher des marchés et se servir des espèces qui poussent naturellement.

· Les programmes de sylviculture doivent être élargis, non réduits. Notre gouvernement a pris un programme de sylviculture pour les terres privées qui fonctionnait bien et l’a changé si drastiquement qu’en 2008, il y a eu une baisse de 70 % du niveau de participation par les propriétaires de lots boisés dans le S.-E. du N.-B. Les terres privées ne peuvent pas être aménagées de la même façon que les terres de la Couronne. Il y a des différences uniques et fondamentales qui doivent être tenues en compte lors du design de programmes d’aménagements pour les propriétaires de lots boisées privés.

· Le rapport de Roberts recommande que l’industrie forestière du N.-B. se serve de la biomasse pour co-générer de l’électricité et devrait avoir le premier droit de refus de la biomasse en surplus sur les terres de la Couronne. Si le meilleur rendement pour le bois de moindre qualité sur les terres de la Couronne est de produire de l’électricité, ainsi soit-il, mais notre gouvernement doit être ouvert à toutes les options et être prêt à considérer d’autres usages si ça rapporte plus au N.-B. Personne ne devrait avoir le premier droit de refus pour les ressources sur les terres de la Couronne.

· Nous recommandons fortement que l’autorité sur l’aménagement sur les terres de la Couronne soit remise au ministère des Ressources naturelles. Présentement, les détenteurs de permis (les compagnies forestières) préparent un plan d’aménagement pour la zone comprise dans leur permis, et celui-ci doit être approuvé par le MRN. Le coût pour la préparation et la mise en œuvre d’un plan est couvert par le gouvernement. En retour, le détenteur de permis a le droit absolu au bois sur cette région. Nous croyons que le MRN devrait être responsable de produire le plan d’aménagement, basé sur les objectifs définis par les citoyens du N.-B. Les compagnies qui sont intéressées à accéder aux terres de la Couronne appliqueraient pour un permis, avec la priorité accordée aux gens et entreprises de la région. Le permis pourrait être de courte ou de longue durée dépendant des besoins et de l’engagement de la compagnie. Le MRN pourrait surveiller tous les travaux pour s’assurer que le plan d’aménagement est bien appliqué.

· Le rapport de Roberts dit que l’industrie de sciage a un avenir très prometteur et est la pierre angulaire d’une industrie forestière compétitive. Notre gouvernement semble croire qu’un marché compétitif veut dire avoir une ou deux grandes compagnies auxquelles vendre tout le bois. Nous avons vu de nombreuses usines locales fermer leurs portes avec peu d’aide de notre gouvernement bien qu’il a été capable de générer des millions de dollars en aide à quelques grandes compagnies multinationales, plusieurs qui ont fermé leurs portes quand même. Nous devons trouver des façons d’aider nos usines locales qui ont été établies par les gens de la place qui vivent et travaillent dans leurs communautés locales et dans lesquelles leur profits demeurent. Il est triste de voir des usines familiales comme Fawcett Lumber et M.L. Wilkins, qui ont été ici depuis le début du siècle, fermer leurs portes. Nous devons réexaminer nos priorités.

· Le rapport de Roberts dit que les usines de panneaux OSB et les usines de granules ne sont pas de bons investissements pour l’avenir. Nous ne sommes pas d’accord avec ces énoncés pour les raisons suivantes :

1. Arbec, une compagnie du Québec, a offert d’acheter l’ancienne usine Weyerhaeuser à Miramichi pour produire des panneaux OSB. La seule chose qui les arrête est leur application au Gouvernement du N.-B. pour l’allocation de terres de la Couronne anciennement détenue par Weyerhaeuser. Arbec semble croire que l’avenir du marché est prometteur, et est prêt à y investir.

2. Avec le montant de bois de qualité médiocre qu’on a au N.-B., nous croyons qu’il y a un très grand potentiel pour les granules de bois qui serviraient à chauffer des résidences et des commerces dans l’est des Etats-Unis. Le rapport de Roberts semble avoir seulement fait le point sur l’exportation en Europe. Il y a d’autres études qui disent que les granules ont un avenir prometteur. Il y a une vraie chance que le N.-B. devienne autosuffisant et puisse promouvoir quelque chose qui est véritablement bon pour l’environnement.

Marcel Maillet, gérant
Office de commercialisation des produits forestiers du S.-E. du N.-B.

 

 

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